Les Documentaires

Ces dernières semaines sont sortis 3 « documentaires » : Sugar Man comptait « l’enquête » ou plutôt la quête autour du mystère Sixto Rodriguez. Free Angela qui retrace la vie activement politique et engagée de Angela Davis dans les 60’ et 70’. Et enfin No, mettant en image la campagne du « non » contre Pinochet au Chili. Ce dernier est une fiction, mais le parti pris formel est donné à la manière d’un documentaire d’époque (filmé avec une caméra d’époque),

De ces 3 visions en ressort une question : Qu’est-ce qu’un documentaire au cinéma ? En effet, dans la salle obscure tout ce qui apparaît sur la toile blanche est magnifié, sublimé. Un « simple » documentaire comme Free Angela donne des accents libertaires profond. On y retrouve presque les saveurs révolutionnaires et révolté de Zabriskie Point, on goutte alors à l’ambiance électrique de cette période tumultueuse.

A cette forme classique et linéaire de raconter les faits d’une époque s’oppose une toute autre forme, celle de Sugar Man. Là le documentariste/cinéaste scénarise son récit. Il suit et met en image/scène sa propre interrogation au travers de la quête incroyable de fans suad-africains à la recherche d’une idole disparue, dont l’identité même est douteuse, Sixto Rodriguez.

Cette interrogation donne tellement sa forme au récit et donc au documentaire, que ne serait-ce qu’un instant on se met à douter de la véracité du documentaire tellement ce que l’on voit à l’écran (et donc magnifié) nous paraît incroyable. C’est là le pouvoir paradoxal d’une salle de cinéma. La « magie » nous fait accepter n’importe quelle histoire ou presque mais aussi douter de ce qui nous est montré en réel.

C’est sur ce paradoxe que se joue No. Larrain pousse plus loin encore, car de faits d’histoire (rassemblés sous une seule intrigue) il sort une fiction donc mais sous la forme d’un documentaire. Il se place ainsi en spectateur d’une histoire pour l’Histoire. Et cela grâce à une caméra toujours suivant ses personnages, il ne devance jamais l’action. Ce sentiment est d’autant plus renforcé que le réalisateur s’est amusé à brouiller ce qui est d’époque et ce qui ne l’est pas en filmant avec le matériel du début des 80’. Où est le vrai, où est le faux, la question se pose tout comme dans Sugar Man.

Ainsi le documentaire au cinéma n’est-il pas plutôt simplement une vision d’un cinéaste sur son sujet. Suivant ses thèmes il se lie plus ou moins à la fiction. D’un réalisme pur à quelque chose de plus abstrait le cinéma en général est lui-même un documentaire, puisqu’il est la vision d’un homme sur un monde.

Il y en a un plus que les autres qui transforme ses fictions. Il y en a un qui, par ses visions sublimes et éthérées, transpose ses films au-delà de la fiction. Aboutissant plus encore dans le réel que n’importe quel documentaire, Terrence Malick est bien le seul capable aujourd’hui de nous livrer une fiction plus réelle que n’importe quel documentaire. La fiction est ici le plus beau des documentaires.

3 réflexions sur “Les Documentaires

  1. je crois simplement que « documentaire » est une catégorie bien trop vaste pour représenter une idée quelle qu’elle soit. Et je pense que les trois exemples dont tu nous parles aujourd’hui sont loin, très loin, du film informatif donnant les faits, montrant les questions/problèmes qu’ils soulèvent, présentant la position d’une partie ou les avis de toutes les parties et supportant la réflexions par l’apport d’un appareil critique… le tout sous la forme visuel. Ce n’est qu’une définition personnelle de « documentaire », mais quand les étiquettes sont si mal rédigée, il faut que chacun se permette de les annoter.

    1. Il est vrai que la définition de documentaire est vaste et modulable. En ce qui concerne cet article, j’aurai du l’intituler « l’esthétique du documentaire », cela eue été plus juste.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s